Économie Sociale de Marché ou Capitalisme Démocratique?

Partagez cette page

Michael Novak

L'apport des Allemands à la pensée sociale catholique a été splendide et très vaste, et est connu du monde entier. Cependant, mon intention aujourd'hui, est de présenter quelques réflexions sur un nouveau tournant de cette pensée, que le Pape Jean Paul II a exposé dans Centesimus Annus. De plus, en vue de faciliter l'appréciation de cette orientation, je me propose d'évoquer des idées d'un président des Etats-Unis que beaucoup considèrent comme le plus grand, immédiatement après George Washington : Abraham Lincoln. Ce juriste d'une petite ville des campagne d'Illinois présida l'Union de 1860 jusqu'à sa mort tragique, assassiné en 1865. Lincoln fut le Président qui prit la décision de déclencher une guerre plutôt que de laisser les Etats du Sud faire sécession sur le problème de l'esclavage. Il est connu dans l'Histoire comme l'homme qui sauva l'Union, donna à la liberté une nouvelle naissance, libéra les esclaves, et fonda le Parti Républicain.

L'évocation de ses réflexions peut vous paraître une façon étrange d'envisager le cours de la pensée sociale catholique ; j'espère néanmoins que vous finirez par estimer qu'elle éclaire effectivement la vocation de l'entreprise et de l'entrepreneur, y compris les inventeurs et chercheurs, dans le monde d'aujourd'hui. Comme vous le savez, beaucoup d'économistes en sont venus à penser que le capital humain - et spécialement l'aptitude à inventer et à découvrir - est le plus important des atouts. En fait, l'Allemagne contemporaine est une vivante démonstration de cette vérité. En 1945, de vastes parties de son territoire étaient en ruines du fait de la guerre, et beaucoup de dispositifs de production et de machinerie industrielle restées utilisables étaient parties vers les pays soviétisés, comme les dépouilles prélevées par le vainqueur. Malgré tout, l'Allemagne de l'ouest produisit en 1948 davantage que dans les années antérieures au conflit. C'était une preuve éclatante du fait que les capacités intrinsèques de la population sont beaucoup plus importantes que les installations et les équipements matériels. Les "instruments du capitalisme" sont en réalité des instruments de capital humain.

Sur les découvertes et inventions

Par une froide journée de février 1859, à Jacksonville en Illinois, Abraham Lincoln fit une conférence sur "Les Découvertes et Inventions", pour mettre en relief l'un des grands pas en avant de l'histoire de la liberté. C'est le meilleur exposé que j'aie jamais lu des motifs pour lesquels les États-unis - qui ont une Constitution très brève (3.940 mots ) - ont inclus une clause garantissant le "droit" des auteurs et inventeurs aux "royalties" (revenus légaux) des brevets et droits d'auteur.

Pour étayer ce point de vue, Lincoln discerne, depuis la création d'Adam, six grandes étapes de l'histoire de la liberté, dont la dernière est le système des brevets d'invention et copyrights. Avez-vous jamais entendu quelqu'un d'autre attacher une telle importance à la déclaration de tels droits? Pour vous figurer la scène, imaginez l'homme de lois dégingandé, qu'était Lincoln, dans une salle chauffée au poêle à bois par un temps glacial à la campagne, pointant sa maigre main en d'amples gestes bien au-delà des murs vers une vision de notre "premier père le vieil et vaporeux Adam:

"Voyez le debout, un homme physiquement parfait, tel que nous le montrent les poètes et peintres; mais il devait être fort ignorant et simple dans son mode de vie. Il n'avait pas beaucoup de temps pour apprendre par l'observation, pas de voisin pour lui enseigner quoi que ce soit. Rien dans son menu n'avait été apporté d'un autre bout du monde ; et fort probablement il n'avait nulle idée que le monde eût d'autres bouts. A tous ces égards il était assurément moins bien doté que la Jeune Amérique. Le plus qu'on puisse dire est qu'il était un homme, autant que son lointain descendant, si aisément satisfait de soi."

En contraste avec l'imposante nudité d'Adam - capable de parler (puisqu'il nomme les animaux) mais sans avoir à qui parler (car Eve n’était encore qu’une de ses côtes) - la Jeune Amérique, note Lincoln, nage dans le savoir et les richesses. Tandis que le premier spécimen, si beau, de l'espèce humaine, ne sait ni lire ni écrire, ne connaît rien des arts techniques encore à inventer, vous pouvez toucher du doigt les innombrables avantages dont profite le citoyen de la Jeune Amérique en 1859:

"Considérez ses vêtements, et vous voyez les fabriques de cotonnades de Manchester et de Lowell ; les toiles d'Irlande, les feutres d'Espagne, la soierie de France, les fourrures des régions arctiques, la pelisse de buffle des Rocheuses ; le tout lui est étranger. A sa table, à côté du pain bis et de la viande produite sur place, il y a le sucre de Louisiane, le café et les fruits des tropiques, le sel de l'Ile Turque, le poisson de Terre-Neuve, le thé de Chine, et les épices des Indes La baleine du Pacifique fournit la lumière de ses chandelles, il a une bague avec diamant du Brésil, une montre en or de Californie ; il fume un cigare espagnol de La Havane. Non seulement il est pourvu de tout cela, mais des milliers de mains sont occupées à en fournir de nouvelles provisions, et d'autres milliers occupées à les lui apporter".

Ici surgit la question que préparait Lincoln comment le monde a-t-il obtenu, à partir de l'homme des bois illettré et ignare du silencieux et primitif Jardin d'Eden, ce présent monde de locomotives, de télégraphes, et de déjeuners d'outre-mer?

Si la première étape fut la capacité de former le langage, la seconde fut de maîtriser peu à peu l'art difficile de la découverte - art qui dépend de l'apprentissage de trois habitudes: observer, réfléchir, expérimenter.

Par exemple, il est tout à fait certain que depuis que l'on a fait bouillir de l'eau dans un récipient surmonté d'un couvercle, les gens ont vu le couvercle se soulever un peu et retomber, avec une espèce de mouvement tremblotant que lui imprime la force de la vapeur ; mais tant que ce fait n'a pas été spécialement un sujet d'observation, de réflexion et d'expérimentation, il ne servit à rien. A la longue cependant, au bout de milliers et de milliers d'années, un homme observe ce phénomène connu de longue date, et amorce un processus de réflexion à son propos.

Étant donné la difficulté que l'on éprouve à soulever des objets très pesants, l'expérience suggère à l'homme attentif de chercher comment substituer à cet effort un procédé utilisant la force qui soulève le couvercle des pots. L'aptitude à observer, réfléchir et expérimenter ne suffit pas; il a fallu des millénaires pour que se développe l'habitude d'observer, réfléchir, expérimenter, et pour diffuser cet art dans la société. Certaines sociétés, fait remarquer Lincoln, développent cette habitude parmi leurs membres, et d'autres non. Pourquoi, demande-t-il, les Indiens et Mexicains marchèrent-ils pendant des siècles sur l'or de la Californie sans le découvrir, alors que les yankees le repérèrent presque instantanément?

Les mines d'or ne sont pas les seules mines pareillement inaperçues. Il y a davantage de mines au-dessus du sol de la planète qu'au-dessous. La nature entière - le monde matériel, moral et intellectuel - est une mine qui, au temps d'Adam, était totalement inexplorée. Eh bien, c'était la tâche prédestinée de la race des Fils d'Adam, que de développer à force de découvertes, d'inventions et d'améliorations - les trésors insoupçonnés que recèle cette mine.

Le quatrième grand pas en avant fut l'invention de l'imprimerie, qui rendit commune la diffusion des recueils d'observations, de réflexions et d'expérimentations dans des cercles sans cesse élargis, au lieu d'être concentrés en petits groupes de gens capables de lire et d'écrire, et qui avaient les moyens d'acheter les manuscrits patiemment écrits sur parchemin. Déjà l'invention de l'écriture avait permis de fournir des références permanentes à travers les générations, sur les connaissances recueillies à une époque donnée. Mais avec l'imprimerie, ces recueils pouvaient être copiés à bon marché et pour des milliers de lecteurs. Entre ces deux inventions, trois mille ans s'étaient écoulés. Mais entre celle de l'imprimerie et celle d'un droit de reproduction (en Angleterre, en 1623), moins de deux cents.

De l'avis de Lincoln, le cinquième grand progrès fut la découverte de l'Amérique. Car dans les nouvelles régions ouvertes aux gens désireux de liberté et d'égalité, l'esprit humain fut émancipé comme nulle part auparavant. Dans le Vieux Monde, dans tous les vieux mondes, d'Orient comme d'Occident, du Sud comme du Nord - la grande masse des hommes à cette époque étaient totalement aveugles au fait que leurs conditions de vie, comme leur esprit, pouvaient être améliorés. Non seulement ils pensaient que le petit nombre des gens instruits étaient des êtres supérieurs, mais ils se supposaient eux-mêmes par nature incapables de s'élever à leur niveau. Affranchir l'esprit de cette sous-estimation de soi erronée, est la grande mission que l'imprimerie a remplie dans le monde. Il nous est difficile, ici et maintenant, de réaliser à quel point régnait cet esclavage des mentalités, et combien de temps il fallut pour rompre ces chaînes, et pour faire se répandre une habitude de liberté de l'esprit (sic).

Dans un tel contexte, poursuit Lincoln, "un pays neuf est particulièrement favorable - et même absolument nécessaire - à l'émancipation de l'esprit et au progrès subséquent de la civilisation et des arts pratiques". Et de conclure que c'est la raison pour laquelle il souligne que la découverte de l'Amérique "fut un événement grandement propice aux découvertes et aux inventions".

Le sixième progrès majeur fut l'adoption de la Constitution, qui ne contient dans son corps principal qu'une seule fois le mot "right", et cela dans son article premier de la huitième section, paragraphe 8, reconnaissant un droit naturel des auteurs et inventeurs. Par là, parmi le petit nombre de pouvoirs expressément conférés au Congrès par le peuple fut inclus celui-ci: "Promouvoir l'avancement de la Science et des Arts pratiques, en concédant pour des durées limitées aux Auteurs et Inventeurs le Droit exclusif sur leurs publications et découvertes respectives."

L'effet d'un tel régime a été bien discerné par le jeune penseur indépendant Lincoln, qui dit en 1859.

"Auparavant, n'importe qui pouvait se servir instantanément de ce qu'un autre avait inventé, de sorte que l'inventeur ne tirait aucun avantage spécial de sa propre invention. Le système des brevets inversa la situation ; il garantissait à l'inventeur, pour un temps déterminé, l'usage exclusif de son invention ; et par là il apportait le combustible de l'intérêt au feu du génie" dans la découverte et la production de nouveaux articles utiles."

Le "combustible" de l'intérêt, au "feu" du génie ! Toujours réaliste, Lincoln savait ce qui se passe à l'intérieur de l'être humain. C'est une chose que d'avoir de l'inspiration ; c'en est une autre que d'être motivé, et soutenu dans la motivation par le régime où l'on vit. Un régime où le Droit naturel n'est pas assuré, est coupable de décevoir les droits naturels, et neutralise l'énergie qui conduirait à leur épanouissement. Dans l'optique de Lincoln, les droits naturels ne sont pas seulement des reconnaissances de facultés d'agir, ce sont des potentialités de l'être humain, des capacités créatrices que certaines sociétés laissent inertes, et que d'autres sociétés alimentent et stimulent. Les États-Unis, estimait-il, avaient offert un foyer pour le génie pratique de leur population, parmi les humbles autant que parmi les mieux pourvus, partout où dans Sa sagesse la Volonté divine l'a conduite et établie.

De Lincoln à Jean Paul II

Il ressort clairement de cette conférence, que Lincoln s'appuyait sur de solides convictions concernant la raison d'être de l'Univers, et particulièrement le sens de l'histoire humaine. Il la concevait comme le récit du développement de la liberté, notamment celle de créer et rendre fonctionnel. Il croyait fermement que le Créateur de toutes choses avait fait les êtres humains - chaque homme et chaque femme - à Sa propre image, pour être libre et créatif. Il pensait que l'Histoire humaine est le compte-rendu de la façon dont les êtres humains s'étaient graduellement approprié leur véritable nature, étaient parvenus à la reconnaître et s'efforcèrent de la concrétiser, non seulement dans leur vie personnelle, mais aussi par les habitudes sociales et dans les institutions de leurs républiques respectives. Bien qu'à ma connaissance au moins, Lincoln n'ait pas dit formellement que notre Dieu désire être adoré par des individus libres - c'est Thomas Jefferson qui écrivit que "le Dieu qui nous a donné la vie nous a donné la liberté" - une telle conviction est manifeste en tout ce que Lincoln a fait ou affirmé. Lincoln a certainement donné tout ce qui était en lui pour que durant son existence ici-bas son pays puisse connaître "une nouvelle naissance à la liberté". Il tenait pour certain que tel était le projet formé par Dieu. En un mot, l'univers est créé de sorte à produire de la liberté humaine. A cet appel, il est du devoir sacré des hommes de répondre, même à un coût illimité.

Quelque cent quarante-deux ans après la conférence de Lincoln à Jacksonville d'Illinois, l'on trouve un écho international de ses convictions émis par une source surprenante - une encyclique du Pape Jean Paul II, publiée à Rome le Premier Mai 1991, Centesimus Annus. Je ne sais dans quelle mesure le Pape a lu les écrits de Lincoln, mais il est évident que c'est sur la même longueur d'ondes que celle de Lincoln, que voyage sa pensée sur l'économie politique. Ayant évoqué la longue période pendant laquelle la terre arable constitua la forme fondamentale de la richesse pour les êtres humains, le Pape écrit ceci:

"De nos jours particulièrement, existe une autre forme de propriété non moins importante que le sol cultivable:la possession du savoir-faire, la technologie et le talent.La richesse des nations industrialisées repose bien davantage sur ce genre de possession que sur les ressources naturelles". Et un peu plus loin, il écrit: "En réalité, à côté de la terre, la principale ressource de l'homme est l'homme lui-même.Son intelligence le rend capable de découvrir les potentialités productives de la planète et les façons diverses par lesquelles les besoins humains peuvent être satisfaits".

Quelques lignes après, il dit:

"La moderne Économie d'entreprisea des aspects positifs. Ses fondements sont la liberté humaine, exercée dans l'ordre économique comme en bien d'autres domaines. L'activité économique n'est en fait qu'un secteur de la grande variété d'activités humaines; et comme en tous les autres secteurs, cela implique le droit de liberté, non moins que le devoir de faire un usage responsable de la liberté. Mais il est important de noter qu'il y a des différences spécifiques entre les tendances de la société moderne et celles du passé, même d'un passé récent. Alors qu'en un temps le facteur décisif de la production était la terre, et plus tard le capital - entendu comme l'ensemble complexe des instruments de production - aujourd'hui le facteur décisif est de plus en plus l'homme lui-mêmec'est-à-dire son savoir, en particulier ses connaissances scientifiques, ses facultés d'organisation à la fois relationnelle et homogène, ainsi que son habileté à percevoir les besoins d'autrui et à y pourvoir".

Comme Lincoln, le Pape situe le dynamisme de la création de richesse et d'améliorations concrètes, dans l'esprit humain. Il évoque les "potentialités productives de la terre" d'une façon très semblable à celle de Lincoln disant que " la Nature entière - l'ensemble du monde matériel, moral et intellectuel - est une mine". A quoi Lincoln ajoute, dans une clause qu'aurait pu formuler le Pape, qu'il est "de la destinée des fils d'Adam de développer, à force de découvertes, d'inventions et de rectifications - les trésors que recèle cette mine" Semblablement, le Pape a écrit sur le travail à la façon dont en parle Lincoln : "Mais Adam n'avait rien d'autre à quoi porter son attention, que le travail. S'il lui avait fallu faire quoi que ce soit en fait d'inventions, il aurait dû d'abord inventer l'art d'inventer". Comme s'il sentait exactement de cette manière, le Pape écrit:

"Historiquement, ces deux facteurs, - le travail et la terre - sont à l'origine de chaque société humaine. Néanmoins, ils ne sont pas toujours dans la même relation l'un avec l'autre. A une époque, la productivité naturelle de la terre apparaissait, et était en réalité, le facteur fondamental de richesse, tandis que le travail représentait, si l'on veut, l'assistant et le support de cette productivité. De nos jours, le rôle du travail humaindevient toujours davantage prépondérant comme facteur productif dans la création de valeur matérielle et immatérielle. Le travail devient toujours plus fructueux et productif, dans la mesure où les gens sont davantage instruits des potentialités de la nature et conscients des besoins de ceux pour qui la travail est effectué".

Une telle prise de position et celles analogues d'autorités intellectuelles de par le monde, montrent que Washington, Jefferson, Madison, Lincoln et autres avaient vu juste en pensant que l'effort américain à la recherche d'un régime réglé par la Loi Naturelle et la Loi du Créateur de la Nature, frayait le chemin pour d'autres nations. Quelques-unes des clés dégagées par cette recherche ont conduit, par des voies longues et tortueuses, à faire ratifier aujourd'hui ce qui est le corps principal de la pensée sociale la plus répandue - à savoir celle internationale des Catholiques. Touchant la liberté économique, comme la liberté politique, l'on peut se rapporter à Centesimus Annus, section 44, où le Pape écrit:

"Le Pape Léon XIII avait clairement vu le besoin d'une saine théorie de l'État en vue d'assurer le développement normal des activités spirituelles et temporelles de l'homme, lesquelles sont également indispensables . Pour ce motif, en un passage de Rerum Novarum il présente l'organisation de la société selon trois pouvoirs - législatif, exécutif et judiciaire - ce qui à l'époque représentait une nouveauté dans l'enseignement de l'Eglise . Un tel agencement traduit une conception réaliste de la nature sociale de l'homme, qui exige une législation capable de protéger la liberté de tous . A cette fin, il est préférable que chaque pouvoir soit équilibré par les autres pouvoirs, et par les autres sphères de responsabilité, qui le maintiennent dans ses bornes légitimes."

C'est là le principe de la "Rule of Law", de la souveraineté du Droit, et non pas de la volonté arbitraire d'individus. Pour le vingt-et-unième siècle - pour le Troisième Millénaire peut-être - c'est une importante contribution de la civilisation américaine à l'histoire du monde

Conclusion

Voilà comment il devient clair que l'une des trois vertus cardinales de l'Entreprise est la créativité (les deux autres sont l'édification d'une communauté, et le réalisme pratique). Comme la pensée sociale catholique l'a désormais affirmé, Dieu a formé chaque femme et chaque homme à Son image, c'est-à-dire pour être créateur chacun dans la portion dûment allouée à des êtres humains. Telle est la vocation centrale de l'activité économique, faire avancer l'oeuvre du Créateur en dégageant de la nature ses potentialités encore latentes, pour nourrir et améliorer l'existence de nos congénères, dans et hors de nos frontières.

De nos jours, la plupart des Chrétiens de par le monde ne sont plus dans l'agriculture, ce qui était leur lot commun pendant la majeure partie de l'ère chrétienne, mais dans "les affaires". Notre temps, comme on l'a souvent dit, est l'âge de la laïcité et davantage de laïcs, femmes et hommes sont engagés dans les activités d'entreprise que dans n'importe quelle autre activité séculière. Je ne doute pas que l'avenir commencera à nous faire assister à une éclosion d'écrits, de réflexions et d'actions, quant à cette nouvelle façon, moderne et presque sans précédents, d'être un Chrétien, et de servir Dieu en rendant service à nos semblables.


[1] Traduction par Raoul Audouin de Michael Novak, "Social Market Economy or Democratic Capitalism?", Un Autrichien en France, Essais rédigés en l'honneur de Jacques Garello / An Austrian in France, Festschrift in honour of Jacques Garello, Sous la direction de / Edited by Kurt R. Leube, Angelo M. Petroni, James S. Sadowsky, Turin: La Rosa Editrice, 1997, pp.351-360, parue dans Le Point de Rencontre, n°56, juillet 1998, pp. 14-23. Avec l'aimable autorisation de l'auteur et de l'éditeur. © Michael Novak.