Les universitaires noirs donnent un "F" à Obama

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Anthony B. Bradley

11 juillet 2012

Lors de la convention de la NAACP à Houston, un leader noir bien connu ne sera pas face à ce groupe historique : le premier président noir du pays. L’absence du président Obama à la majorité des événements organisés par la NAACP pourrait sembler usuel puisqu’il n’a pas fait face au groupe depuis 2009, durant la lune de miel de son début à la présidence. Son absence est en passe de devenir sage, car il peut alors éviter cette question, « les Noirs sont-ils mieux depuis qu’il a le pouvoir ? ». Si le président avait rendu des comptes de l’avancement du niveau de vie des Afro-Américains, il aurait été ardemment pressé de ne décrire rien de signifiant au-delà de la richesse redistribuée en entonnoir dans les bureaucraties gouvernementales, chemin plutôt classique pour la classe moyenne de la communauté noir. Ses politiques n’ont en rien augmenté le pouvoir d’achat des gens de couleur, toujours marginalisés.

Les faits sont les derniers: en novembre 2008, le chômage des noirs était à 11.1 %. En juin 2012, le chiffre s’élève à 14.4%. Dans la même période, le taux de chômage global a augmenté de 6,5 % à 7,4 %. En tant que telle, en vertu des politiques et du leadership de l'administration Obama, la vie économique des Noirs est maintenant pire (et loin de s’améliorer) qu’elle ne l’était il y a trois ans.

Même avec l'échec économique, la section du site Web de la campagne du président « Les Afro-Américains avec Obama » énumère ses "réalisations" dans la communauté noire en notant une augmentation des banques de "prêts à faible revenu pour les Américains," soutenue par le gouvernement, l'adoption de Obamacare, et une augmentation des programmes d'éducation financés par le gouvernement. En outre, par le biais du gouvernement, les programmes d’Obama pour l’assistance sociale ont "doublé" le financement des bourses Pell, autrement dit  2,55 milliards de dollars de financement par le contribuable pour les collèges historiquement noirs et les universités, "ont octroyé près de 300 milliards de dollars de contrats fédéraux pour les petites entreprises», et ainsi de suite. En d'autres termes, le Président a aidé les Noirs en redistribuant les impôts perçus auprès des travailleurs américains afin de, via le gouvernement, fournir de possibles traitements préférentiels basés sur la race, ce qui, globalement, n'a pas encore favorisé les conditions favorables à la croissance pour les Noirs à travers une croissance économique basé sur le marché.

Peut-être les défaillances économiques peuvent-elles expliquer pourquoi d'éminents savants noirs, comme le Dr Cornel West de l'Université de Princeton et le Dr Boyce Watkins de l’Université de Syracuse, sont si ouvertement critiques à l’égard d'Obama. Un chômage de longue durée n'est pas vraiment le changement que de nombreux Américains noirs attendaient de l’élection de 2008. Lorsqu’on lui a récemment demandé son avis au sujet de la prochaine course à la présidentielle 2012, Cornel West, marxiste auto-proclamé, a déclaré: "Mitt Romney est une réponse à une catastrophe catastrophique, alors que Barack Obama est une réponse à une catastrophe désastreuse." West a accusé Obama de se plier aux intérêts particuliers via le lobbying des grandes entreprises, il pense du président qu’il est "une autre mascotte noire" des "oligarques de Wall Street" qui ne fait pas assez pour les noirs.

Rejoignant West pour la mise en évidence de l'insuffisance économique d'Obama, Boyce Watkins estime que "l’enthousiasme noir américain pour le président Obama est mort." Watkins explique: «Obama n'a pas été assez habile, ni assez fort pour répondre aux attentes qu’il avait en face de lui » quand il a pris ses fonctions. En tant qu’ancien partisan frustré, Watkins se lamente, "défendre le président Obama c’est comme exiger une meilleure note pour votre enfant lorsque vous savez que celui-ci a été paresseux en classe." L'administration Obama ne semble s'intéresser à "la communauté noire qu’au moment des élections (quand ils ont besoin de nous pour monter dans les sondages)." En fin de compte, Watkins centre ses récentes critiques sur sa conviction que" les blancs connaissent une reprise économique, tandis que le chômage noir reste à des niveaux qui ne seraient jamais acceptable pour le reste de l'Amérique ".

Les critiques de West et Watkins sont importantes, mais n’expriment pas les dommages causés par les niveaux stratosphériques de chômage. Ce qui est inadmissible sur les taux de chômage des Noirs, qui s’élevait à 16.7% en 2011, est que le chômage a des conséquences autant morales que financières. Dans Laborem excercens, le Pape Jean-Paul II a souligné que le travail nous permet de réaliser notre humanité « pour remplir la vocation d'être une personne. » Le haut niveau de chômage fait voler en éclats la dignité de milliers de Noirs.

L'administration Obama doit aller au-delà même ce que beaucoup de ses détracteurs Noirs envisagent, en supprimant de façon radicale les obstacles réglementaires et législatifs qui interfèrent avec les entrepreneurs qui font ce qu'ils font le mieux, à savoir, créer des emplois. Si le chômage des Noirs reste à ces chiffres records, Obama pourrait être snobé dans les urnes en Novembre, tout comme il snobé la NAACP cette semaine.