Calvin Coolidge et les vérités fondamentales d'un gouvernement

Ray Nothstine

Calvin Coolidge avait un penchant pour le silence, mais quand il parlait, l’effet était saisissant. « Les mots d'un président ont un poids énorme et ne doivent pas être utilisés sans discernement, » disait-il. Sous-estimé par les historiens et souvent marginalisé à des anecdotes ou des petites histoires, tout le background d’un président est aujourd’hui à la mode. S'il est vrai que le 30ème président  est soumis à une réévaluation importante, les idées qu'il a avancées restent intemporelles à cause de son accent sur des vérités fondamentales.

Les mots du silencieux Cal’ et son héritage nous parlent directement à nous et à nos maux nationaux. Souvent considéré comme le dernier président Jeffersonien, Coolidge a salué les pouvoirs d’un Etat restreint comme il a observé et a réagi à l'ère progressiste et à la centralisation imminente du New Deal. « Ces notions socialistes de gouvernement ne sont pas ma tasse de thé », plaisantait-il pendant la montée de FD Roosevelt.

Au lieu de cela, Coolidge croyait que l’homme penché sur une centralisation progressive était une âme fade. «Leurs idées ne sont pas plus modernes, mais plus anciennes en réalité, que ceux des pères de la Révolution,» déclarait-il. Il ne cessait de se remémorer la fondation de l'Amérique, y voyant là les vérités fondamentales sur l'homme et sa relation à l'Etat.

Alors que les premiers débats américains étaient centrés sur combien il est important de limiter le pouvoir fédéral, l'ère progressiste a vu la montée du pouvoir fédéral illimité se vanter de faire beaucoup de bien et de faire prospérer l'abondance.

Clairvoyant, Coolidge avertit les Américains que penser ‘gouvernement fédéral’ quand ils parlaient «gouvernement», se révélerait coûteux. Ardent défenseur du fédéralisme, il croyait fermement que le gouvernement local avait la priorité tandis que le pouvoir fédéral n'est pas expressément cité par la Constitution.

Se voyant comme un éducateur civique, il expliquait: "Les hommes et les femmes de ce pays qui sont dans la peine sont ceux qui supportent le coût du gouvernement. Chaque dollar que nous considérons négligemment comme des déchets signifie que leur vie sera d'autant plus maigre. "Un coup d'œil sur la dette fédérale lui rend aujourd'hui raison.

Alors que Coolidge parlait souvent avec des phrases courtes pleines de bon sens, il y avait une profondeur considérable dans ses vues conservatrices. Brocardé en partie pour des phrases comme "L'activité principale du peuple américain sont les affaires," Coolidge avait aussi ajouté à la même adresse, « Bien sûr, l'accumulation de la richesse ne peut pas être justifiée comme étant le but principal de l'existence. »

Dénigrée par les élites intellectuelles pour être soi-disant démodé et défenseur du Libre Marché, Coolidge défendit le capitalisme en le personnalisant, enracinant le travail au sein de la dignité de l'homme et tournant le dos au matérialisme et à la cupidité. Il alarmait les Américains contre le danger de sombrer dans un «matérialisme païen

Coolidge a entrainé une ère de prospérité inébranlable pour beaucoup d’américains et d’avancées technologiques sans précédent, mais il savait avant tout que les citoyens de la république doivent être enracinés dans la Foi. "Si nous sommes trop faibles pour prendre en charge notre propre moralité, nous ne serons pas assez forts pour prendre en charge notre propre liberté", déclarait Coolidge. Il disait encore "Nous ne pouvons pas dépendre du gouvernement pour faire notre devoir de religion." Il proclamait simplement dans son brillant discours sur le 150e anniversaire de la Déclaration d'Indépendance, "Les choses de l'esprit sont prioritaires."

L'authenticité de Coolidge est en contraste avec les politiciens les plus modernes et les dirigeants actuels. Lorsque son biographe, William Allen White, lui exprima sa frustration de ne pas être en mesure de découvrir le réel Coolidge en lui disant, "J'ai besoin de comprendre l'homme derrière le masque," Coolidge rétorqua de façon amusante: « Je ne sais pas si je peux vous aider, peut-être n’y a-t-il rien derrière. »

Lors de son investiture, Ronald Reagan, a accroché un portrait de Coolidge à la Maison Blanche. Le corps de presse ricana de cet acte à Washington. Coolidge cependant avait mis en avant une vision sérieuse et profonde. Il s'agissait d'une vision offrant un contraste saisissant avec la façon dont notre gouvernement et beaucoup de nos dirigeants opèrent aujourd'hui.

Alors que l'Amérique connaît une dette paralysante, une décadence morale, et le déclin de son but initial, les mots de Coolidge et son héritage ont encore plus de sens. Les vérités fondamentales sont toujours d’actualité pour une société qui a perdu son chemin.