Le Vatican confirme la dimension 'sipirituelle' du travail

Kishore Jayabalan

2 mai 2012

 

Sans fanfaronner, le bureau du Vatican chargé des questions économiques et sociales a publié une déclaration ‘pro-business’ qui va sûrement être considéré comme anathème pour les indignés de Wall Street ou adeptes de Michael Moore dans l'Église et dans le reste de société. Pour le reste d’entre-nous,  cela devrait être bienvenu, car il nous aide à comprendre la cause de la croissance en ce qui concerne les affaires, dans sa morale propre et, en effet, dans un contexte religieux.

Ayant grandi à Flint et ayant étudié dans les écoles catholiques de là-bas, j'ai été habitué à entendre tout et n’importe quoi au sujet de la préoccupation de l'Eglise pour les pauvres et les classes ouvrières. J'ai fini par devenir catholique moi-même et j’ai travaillé pour le Conseil Pontifical pour la Justice et la Paix (PCJP) à Rome, le même bureau qui a émis La vocation du chef d'entreprise le 30 Mars. Le document était le résultat d'une intense collaboration entre gens des affaires, universitaires catholiques et officiels du Vatican, et cela se ressent dans le produit final. La vocation du chef d'entreprise considère la création de richesse comme une entreprise sérieuse ; en effet Dieu Lui-même en appelle beaucoup d'entre nous à cette vocation afin de Le servir Lui, et nos frères humains.

Il peut être plus facile de décrire le contenu de la déclaration PCJP en disant explicitement ce qu'elle n'est pas. Ce n'est pas une déclaration de politique générale sur les mérites de la réglementation financière, telles que Sarbanes-Oxley ou la taxe Tobin. Ce n'est pas un appel à prendre d'assaut les barricades et à "exproprier les expropriateurs," le vieux terme marxiste pour le renversement des capitalistes. Et ce n'est pas une déclaration destinée à décourager les fidèles chrétiens de s'engager dans l'achat et la vente de biens et de services, comme si les moyens de gagner leur vie était malpropres, malséants, mais néanmoins nécessaires.

Ce n'est pas tout à fait un manuel pratique pour les cadres et les gestionnaires qui ont du mal à vivre leur foi dans le lieu de travail ;  d’ailleurs une fois encore, La vocation du chef d'entreprise veut nous encourager et nous inciter à «voir, juger, agir» avec sagesse et prudence.

Nous devrions nous rappeler que Jésus Lui-même a averti que les "enfants des ténèbres" sont plus malins que les «enfants de lumière», à savoir que ceux qui ont une vision plus mondaine semblent mieux à même de faire avancer les choses que les personnes plus spirituelles. Bien sûr, Jésus avait raison; Il a également dit à ses disciples d'être "aussi rusé que des serpents et simples comme les colombes."

En appelant le travail une «vocation», l'Eglise donne un but surnaturel à nos tâches quotidiennes, celle que tous les gens, qu'ils travaillent dans la partie supérieure de la structure de l'entreprise ou sur la ligne d'assemblage, peuvent adopter.

L'Eglise sait très bien que des catégories telles que les riches et les pauvres sont souvent changeantes et relatives, c'est pourquoi l'Eglise parle à l'humanité dans son ensemble. Cela peut présenter des difficultés particulières pour les fonctionnaires du Vatican qui ont à rédiger des documents tels que le dernier en date.

Les conditions de travail à Singapour, disons, varient considérablement de celles de Southfield; il n'y a donc pas de politique universelle pour réparer tous nos problèmes économiques.

Mais c'est précisément pourquoi la voix de l'Eglise est si nécessaire aujourd'hui. Nous entendons tant de voix nous dire que le travail particulièrement difficile, ou que le travail honnête est pour les pigeons, que nous devrions prendre la voie la plus facile, si c’est le bon moyen de collecter un gros bonus immérité ou un chèque d'aide sociale au lieu d'un réel emploi. De telles tentations nient le fait qu'il y ait une quelconque dignité dans un travail bien exécuté, non seulement en vue d'un salaire, mais comme un service rendu.