Alexis de Toqueville (1805-1859)

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«Je suis porté à penser que, s'il n'a pas de foi (l’homme), il faut qu'il serve, et, s'il est libre, qu'il croie. ».

Ce sont les mots d'Alexis de Tocqueville dans sa Démocratie en Amérique

Né à Paris en 1805, Tocqueville était membre de la petite noblesse. Il a été envoyé aux États-Unis par sa famille avec son ami Gustave de Beaumont pour éviter les turbulences  de la Révolution de 1830. Bien que le but déclaré de sa visite était d'étudier le système pénitentiaire américain, Tocqueville a fait beaucoup plus au cours de son voyage de neuf mois (11 mai 1831-20 Février 1832) qui l’a mené de Boston à l'est à Green Bay à l'ouest, de Ste. Marie dans le nord à la Nouvelle-Orléans dans le sud. Le compte-rendu de cette visite est devenu un ouvrage classique de commentaire social et de philosophie politique. En faisant la critique de l’Amérique du 19e siècle, Tocqueville souligne ses faiblesses ainsi que ses forces. La démocratie exige une base morale, il affirme:

« Quand la religion est détruite chez un peuple, le doute s'empare des portions les plus hautes de l'intelligence et il paralyse à moitié toutes les autres (…)

Un tel état ne peut manquer d'énerver les âmes ; il détend les ressorts de la volonté et il prépare les citoyens à la servitude (…)

Lorsqu'il n'existe plus d'autorité en matière de religion, non plus qu'en matière politique, les hommes s'effrayent bientôt à l'aspect de cette indépendance sans limites (…)

Le despotisme peut gouverner sans la foi, mais la liberté ne peut pas. La religion est d'autant plus nécessaire dans les républiques démocratiques que dans les autres(…)

Comment est-il possible que la société puisse échapper à la destruction si l'égalité morale n'est pas renforcée à mesure que le lien politique se relâche? »