Benjamin Constant (1767-1830)

Né près de Lausanne, en Suisse, d’ascendance huguenote, Constant a fait ses études dans les universités d’Erlangen et d'Edimbourg; cette dernière, grâce aux illustres figures Adam Smith et Adam Ferguson, était devenu un centre politique du parti whig.

En contraste avec les physiocrates qui soutenaient un despote éclairé à promouvoir les principes libéraux, Constant a rejeté de telles solutions, déclarant que le gouvernement était la plus grande menace à la liberté. La pire chose serait de donner à l'Etat plus de puissance, quel que soit l'ordre du jour.

Il a donné de nombreuses raisons pour limiter l'intervention étatique dans la vie des particuliers: 1) les erreurs de droit des législateurs peuvent propager leurs effets négatifs au travers de toute la nation par opposition à des erreurs individuelles qui sont limitées dans leur portée ; 2) les dommages causés par des lois erronées affectent les citoyens plus que les législateurs qui sont donc moins enclins à les abroger; 3) il faut plus de temps pour réparer les dommages causés par la législation que les dommages causés par des individus dans leurs propres choix privés; 4) en raison de la surveillance constante de la critique, les politiciens sont moins enclins à admettre publiquement l'erreur et à réparer les dommages causés; 5) les politiciens sont plus enclins à prendre des décisions fondées sur le pragmatisme et les préjugés que sur un principe comme le citoyen le ferait.

Comme Montesquieu, Constant croit dans un système de freins et de contrepoids et a appuyé la liberté de la presse et celle d'autres institutions. Contrairement à certaines critiques de la religion à l'époque, il croyait que la religion était une force positive dans la société qui a contribué, comme le régionalisme, à contrôler la puissance de l'Etat.

Ses écrits sont nombreux et comprennent les œuvres littéraires ainsi que des œuvres de théorie politique qui incluent De l'esprit de Conquête et de l'usurpation (1814), et les Principes de politique (1815).