Karol Wojtyla,pape Jean-Paul II (1920-2005)

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Bien avant qu’il devienne le pape Jean-Paul II, Karol Wojtyla (né en 1920) avait choisi le sujet du travail de toute sa vie: la défense de la personne humaine. Son combat pour la liberté de l’homme dans la bonne acception du terme  a conduit à la propagation de cette même idée de liberté au-delà du rideau de fer. Et sa défense de la dignité humaine fait partie de la vision chrétienne. Georg Weigel, biographe des papes, résume la lutte pour la dignité humaine de Karol Wojtyla (qui se trouve au cœur de la tradition libérale) :

Comme l’a écrit Henri de Lubac en 1968, Wojtyla pensait que la crise de la modernité entrainait une « dégradation de la préciosité de chaque être humain. » Le Communisme fut évidemment l’une des expressions la plus dangereuse et la plus puissante de cette crise, tout comme le Nazisme et le Fascisme. Mais la deshumanisation des êtres humains peut emprunter d’autres chemins, et c’est déjà arrivé dans les sociétés libres. A chaque fois qu’un autre être humain a été réduit à l’état d’objet par la manipulation- d’un responsable, chef d’atelier, chercheur scientifique, politicien ou amant – «  la destruction de l’unicité fondamentale de chaque être humain » a eu lieu. Ce que Wojtyla a utilisé pour décrire «l'utilitarisme» à ses élèves du cours d’éthique,  c’est  «l’égocentrisme » seul critère des relations humaines, qui était une autre grave menace pour le futur de l’humanité. Ce n’était pas une menace avec les armes nucléaires, la police secrète, et l’archipel du goulag, mais c’était tout aussi dangereux pour la bonne raison que c’était moins évident.

Batailler contre ce qui pulvérise la dignité de chaque être humain est le leitmotiv qui suit comme un fil lumineux le pontificat de Jean-Paul II et qui lui donne une singulière cohérence. Sa papauté a été l’acte unique d’une pièce de théâtre bien que différents adversaires aient pris le devant de la scène à certains moments du script. La tension dramatique reste partout la même : tension entre plusieurs faux humanismes qui dégradent l’humanité qu’ils déclarent pourtant défendre et exalter, et le vrai humanisme pour lequel la vision biblique de la personne humaine est le témoignage le plus puissant.

 (Tiré du livre Witness to Hope: The Biography of Pope John Paul II, 1999)